Cuba — La Havane, Trinidad et les Cayos

Quand on cherche un endroit pour passer un peu de temps en vacances au soleil et au bord de la plage, on pense probablement aux Caraïbes. Cuba, la plus grande île de cette région, n’est pas seulement le pays révolutionnaire où les noms de Fidel Castro et Che Guevara sont élevés au rang de héros, c’est aussi un pays avec une culture foisonnante, une architecture coloniale magnifique et encore souvent bien conservée, une gastronomie et des cocktails réputés ou encore une musique typique que l’on entend un peu partout. Tout cela sous le soleil des Caraïbes et des plages de sable fin des extra-ordinaires cayos.

Je vais donc me concentrer sur les trois endroits que j’ai pu visiter pendant mes vacances et qui vaut la peine d’aller voir : La Havane pour sa diversité culturelle et populaire, Trinidad pour sa beauté architecturale, et enfin le cayo Santa Maria pour ses plages de sable fin et la mer aux allures d’un aquarium géant.

La saison humide (et chaude) s’étend de mai à novembre avec des risques cycloniques de septembre à novembre. Le mieux est encore de partir en dehors de ces périodes mais cela correspond aussi à la saison haute (et donc la plus coûteuse). De mon côté, j’avais opté pour le moi d’avril qui permet d’être en dehors de la période haute, d’avoir une température plutôt chaude et un temps encore assez sec.

Rue de La Havane ; vieilles voitures américaines et calèches se côtoient

Une économie contrôlée par l’Etat

Pesos convertibles pour les touristes

Cependant, il ne faut pas se leurrer, Cuba n’est pas un pays économique… enfin pour un touriste. Toute l’économie est contrôlée et le tourisme étant un des secteurs pouvant amener le plus de capitaux étrangers, il ne manque pas à ce contrôle. La monnaie cubaine utilise d’ailleurs deux devises : une pour les cubains (le CUP ou peso cubain) et une autre pour les touristes (le CUC ou peso convertible). Ce dernier est indexé sur le dollar américain et la plupart des dépenses liées au tourisme ne sont payables qu’en CUC à un taux se rapprochant des pays occidentaux. Le salaire moyen n’étant pas très élevé (environ 30 CUC par mois), le pourboire est toujours le bienvenu et même 1 ou 2 CUC représente beaucoup pour les cubains.

Sachez enfin qu’il est plus courant de payer en liquide et qu’il est alors nécessaire de convertir des devises étrangères en CUC. Attention cependant, le change entre pesos convertibles et dollars américains est soumis à une taxe supplémentaire liée au blocus américain en place depuis déjà bien longtemps ; dans la mesure du possible préférez faire le change avec des euros.

Une carte Etecsa pour une heure d’internet

Ce contrôle par l’Etat s’applique aussi aux communications et en particulier internet. Ce n’est que depuis 2008 que les cubains ont le droit d’avoir un ordinateur personnel et depuis quelques années qu’internet est disponible. Mais le tarif d’un abonnement est tellement prohibitif que peu de cubains peuvent se permettre d’avoir une connexion chez eux. Cependant, la plupart des grandes villes proposent des hotspots wifi qui permet aux cubains et touristes de profiter d’internet en achetant des cartes avec des heures de crédit internet. C’est la société Etecsa qui gère ce commerce et il faut généralement s’armer de patience pour pouvoir en acheter ; l’alternative étant d’en acheter directement auprès de locaux qui la voudront un peu plus cher. Il faut compter 2 ou 3 CUC pour une carte avec une heure de connexion. Si vous avez la possibilité de loger dans un hôtel de luxe, ce service est généralement compris en illimité dans le prix de la chambre.

Sécurité et obligations

Le pays n’est pas particulièrement connu pour avoir un manque de sécurité. Que ce soit dans de grandes villes ou en pleine campagne, je n’ai pas ressenti de problème de sécurité particulier. Il faut par contre évidemment faire attention à ne pas laisser en évidence d’objets de valeur par exemple, faire attention à qui vous aborde (cf. l’arnaque de la roue crevée expliquée plus bas), ou encore garer une voiture de location dans un parking surveillé. Certaines personnes pourront essayer de vous soutirer des biens (vêtements, médicaments, …) en réclamant un peu d’aide, mais si vous voulez vraiment aider, vous pouvez tout à fait amener avec vous des vêtements ou des médicaments inutilisés et les remettre à des associations. Faites aussi attention aux personnes qui peuvent vous aborder pour vous proposer un logement en vous demandant un prix plus élevé, ou encore vous proposer de vous aider à trouver votre logement pour finalement vous diriger vers un autre qui n’a rien à voir (et plus cher).

Au niveau sanitaire, aucun vaccin n’est obligatoire mais il convient de faire attention aux moustiques qui peuvent être voraces et porteurs de maladies, et éviter de boire l’eau du robinet (privilégiez toujours l’eau en bouteille). Afin d’être protégé le temps de votre séjour, il est obligatoire d’avoir une attestation d’assurance médicale ; celle-ci est comprise avec les achats de vos billets via VISA ou MasterCard et peut-être demandée sur cbea.fr pour VISA ou en contactant le numéro derrière la carte MasterCard. Bien évidemment, le contrat d’assurance couvre tous les membres de la famille.

Pour entrer dans le pays, il est obligatoire d’avoir un passeport valide au moins le temps du séjour, d’avoir un billet d’avion aller et retour, et de présenter une carte de tourisme qu’il faut acheter et compléter avant de partir (l’embarquement ne sera même pas possible sans cette carte). L’agence de tourisme NovelaCuba peut vous fournir cette carte pour un prix de 27€. Pour les voyages organisés, ce genre de démarche peut aussi être déjà géré et compris dans le prix du voyage. Il est aussi fortement conseillé d’avoir toutes les réservations de vos logements avant de partir pour ne pas être embêté sur place.

Se déplacer sur l’île

Si vous choisissez de rester dans une ville, vos pieds seront sûrement le meilleur moyen de transport. Dans le cas contraire, tout dépend de la distance et de la fréquence de déplacement.

Globalement, si vous devez bouger occasionnellement ou sur une distance pas trop grande, le taxi reste le moyen le plus sûr et probablement le moins cher. Même sur une longue distance, un taxi peut être plus avantageux si une fois sur place vous ne bougez pas. Il est aussi possible d’utiliser des transports en commun, moins cher mais le timing aléatoire et le manque de confort peuvent être un frein.

Si vous avez besoin de vous déplacer souvent et quand vous voulez, de faire de grandes distances sur l’île, louer une voiture peut-être une bonne solution. Mais cela comporte quelques contraintes. Déjà c’est très cher ! Il faut compter par exemple 80€ par jour pour une petite citadine. Les agences de location étant toutes sous contrôle de l’Etat, il n’y a pas vraiment de différence à prendre dans l’une ou l’autre. Là encore le mieux étant de réservé avant de partir pour être sûr d’avoir un véhicule au prix indiqué. Le site NovelaCuba propose des locations avec ou sans chauffeur sur plusieurs gammes de véhicules. Si vous pensez faire uniquement de grandes routes et autoroutes, une citadine suffit largement ; sinon un 4×4 peut s’avérer intéressant dès lors qu’il faut emprunter certaines routes un peu moins fréquentées. Une caution en liquide vous sera aussi demandée à la récupération du véhicule pour vous être rendue à la fin.

Le prix de l’essence ajoute aussi à la note ; il faut savoir que les voitures de touristes ne peuvent s’approvisionner qu’essence spéciale qui est en fait juste de l’essence surtaxée pour les touristes. Il faut compter un peu plus de 1 CUC par litre (un peu moins cher qu’en France mais bien plus cher que pour les locaux).

Concernant la navigation, les indications sur la route ne sont pas souvent pratiques. Il faut aussi savoir que les appareils GPS sont strictement interdits à Cuba. Si vous avez besoin de vous faire guider, le mieux est encore d’utiliser une application de navigation sur son téléphone (il faut une application avec la carte pré-chargée qui n’a pas besoin d’internet), ou encore juste une carte papier comme avant (le réseau est assez simple pour s’en sortir avec).

L’état général du réseau routier cubain est plutôt correct. Les routes sont globalement bien praticables mais il faut tout le temps être vigilant car les nids de poules sont nombreux même sur l’autoroute ! Eviter de rouler trop vite sur les grands axes même s’il n’y a presque personne car on peut rencontrer aussi bien un gros nid de poule que des véhicules en tout genre (calèche, vélo, piétons, …). Enfin évitez aussi de rouler de nuit car les routes ne sont pas bien (voire pas du tout) éclairées et on peut voir encore moins bien les trous et autres obstacles sur la route ou l’autoroute.

Comme les cubains ont très peu les moyens de se payer une voiture, le stop est une pratique courante sur l’île. Si le cœur vous en dit et que vous avez confiance, vous pouvez prendre des personnes pour les amener un peu plus près de leur destination. C’est généralement l’occasion de discuter avec les cubains et de découvrir leur culture et leur mode de vie.

Cependant, faite tout de même attention aux personnes qui peuvent vous aborder quand vous êtes en voiture. J’ai moi-même été victime de l’arnaque à la roue de secours qui consiste à dégonfler un pneu discrètement pour te faire remarquer que tu es à plat et te proposer de faire la réparation vite fait bien fait avec ses amis. Tout en t’assurant que ça va être fait par un mec d’un garage agréé et que les frais seront bien évidemment remboursés par le loueur de voiture. Quand la réparation est faite (en fait juste regonflage du pneu), l’escroc demande de payer les réparations avec une somme astronomique et te file un reçu écrit à la main qui n’a aucune valeur. Bref ! S’il vous arrive un pépin avec votre voiture, suivez les instructions du loueur et appelez le numéro de l’assistance qu’il donne ou faites vous-même les réparations si ce n’est pas grand chose ; mais ne laissez pas d’autres personnes toucher la voiture !

Logement et restauration plus libre

Depuis maintenant quelques années, le gouvernement autorise les cubains à proposer des services d’hébergement et de restauration. Durant son séjour, il est assez courant de croiser des maisons d’hôte ou des restaurants chez l’habitant.

Si vous en avez l’occasion, c’est vraiment quelque chose à faire pour découvrir et apprécier le mode de vie à la cubaine. Pour les logements, je vous recommande de chercher et réserver directement sur un site d’hébergement (comme AirBnb par exemple qui est désormais autorisé) afin de ne pas vous retrouver au dépourvu ou arnaqué sur le prix d’une chambre. Les restaurants de particuliers (paladar) sont très intéressants pour goûter la cuisine traditionnelle (en plus des plats plus touristiques), il suffit de se balader en ville pour en croiser un peu partout. Les prix sont forcément plus doux !

La Havane, entre luxe et délabrement

Capitale du pays, La Havane est un paradoxe. Les quartiers touristiques bien entretenus et bien rénovés jouxtent ceux plus populaires et bien plus délabrés. Les touristes qui profitent de mojito en terrasse d’un café avec de la musique à côté des cubains qui vivent comme il peuvent avec le peu de ressources en leur possession.

Groupe de musiciens en pleine rue

En arrivant à Cuba, vous débarquez de toute façon à l’aéroport international de La Havane. Un taxi et hop vous êtes en ville. On peut diviser La Havane en trois grandes zones :

  • la vieille ville (Habana Vieja) et les fortifications à l’est : cœur de l’activité touristiques, de belles rues bien décorées, des restaurants et cafés un peu partout,
  • le centre-ville (Centro Habana) : des immeubles délabrés, des rues pas très bien entretenues, une vie locale foisonnante, c’est le cœur de la ville pour les cubains,
  • Vedado : c’est un peu le nouveau quartier de la vie cubaine avec des commerces et des quartiers résidentiels bien mieux entretenus.

— Habana Vieja

Bien évidemment, le quartier le plus intéressant pour commencer sa visite de la ville reste la vieille ville qui regorge de choses à voir. Le plus simple et si vous avez l’occasion est encore de se loger directement sur place et de se déplacer à pieds pour visiter la vieille ville et ses alentours. En vous baladant entre les superbes places de ce quartier (Plaza de la Catedral, Plaza de San Fransisco de Asis, Plaza de Armas ou encore la Plaza Vieja), vous aurez l’occasion de découvrir une architecture typique et bien colorée ! La rue des marchands (Calle Mercaderes) est un exemple de restauration avec une reproduction de l’état de ce qu’elle était au 18ème siècle (boutiques et restaurants en plus).

Profitez-en aussi pour aller en apprendre plus sur la culture cubaine avec les multiples musées/monuments qui s’y trouvent comme le musée de la ville (Museo de la Ciudad) en plein cœur du Palacio de los Capitanes Generales, le musée d’art colonial (Museo de Arte Colonial) situé dans le Palacio de los Condes de Casa Bayona, le musée de la navigation (Museo de Navegación) dans le très impressionnant Castillo de la Real Fuerza datant du 16ème siècle et qui est l’une des plus anciennes forteresses coloniales encore debout.

Castillo de la Real Fuerza

De l’autre-côté de la baie de La Havane se trouve le Parc Historique Militaire Morro-Cabaña. N’ayant aucun accès piéton depuis la vieille ville, pour vous y rendre, vous n’aurez d’autre choix que d’utiliser le bus, le taxi ou le ferry (ou votre propre voiture si vous avez fait le choix de la location). Sur place, les deux grandes forteresses classées au patrimoine mondial de l’Unesco offre un superbe panorama sur toute la vieille ville et au-delà.

File de voiture-taxi anciennes en attente de clients

Bien évidemment, il est aussi intéressant de s’attarder à leur visite qui raconte une partie de l’histoire cubaine. D’un côté le Castillo de los Tres Santos Reyes del Morro construit au 16ème siècle abrite le petit musée maritime ; de l’autre la Fortaleza de San Carlos de la Cabaña édifié au 18ème siècle pour repousser les assaillants et fut aussi le quartier général de Che Guevara après la révolution. L’endroit est assez grand et on peut s’y balader un bon moment. Profitez surtout du panorama pour assister au coucher du soleil sur La Havane en fin de journée pour terminer à 21h par la cérémonie du cañonazo où des acteurs en uniforme d’époque procède à un tir de canon sur le port.

Côté culinaire, n’hésitez pas à déguster un excellent chocolat chaud fait maison au Museo del Chocolate qui, contrairement à son nom, n’a rien à voir d’un musée (à part quelques affiches et objets en vitrines). Le soir, vous devez essayer les deux institutions représentant chacune un des cocktails typiques cubain et dont Hemingway était passionné : d’un côté La Bodeguita del Medio pour le mojito, et El Floridita pour le daïquiri (qui y fut d’ailleurs inventé). Attendez-vous tout de même à un prix plus élevé qu’ailleurs, mais c’est l’occasion de goûter et de se faire une idée sur la renommée de ces établissements.

Daïquiri au Floridita

Enfin, pour terminer une journée riche en découverte et en émotion, je vous conseille le paladar La moneda Cubana (au n°77 de la rue San Ignacio) qui propose des plats typiques et généreux avec un mojito consiéré comme l’un des meilleurs (chacun se fait son avis). Le restaurant étant très petit, il n’y a que quelques tables disponibles.

Salle du restaurant La Moneda Cubana

— Centro Habana

Malgré une apparence bien plus vétuste et une foule touristique bien moins dense, le centre-ville abrite aussi de très bonnes choses à voir. À la limite de la vieille ville, le Museo de la Revolución est un passage obligé pour comprendre l’histoire politique et militaire de ces dernières décennies à Cuba et avec les pays voisins. Comptez deux bonnes heures pour faire le tour des salles et du jardin qui expose divers véhicules terrestres et aériens ayant servis pendant la révolution.

Pas très loin de là se trouve le Museo Nacional de Bellas Artes (arte cubano) qui expose nombre de toiles et œuvres d’arts cubain sur deux niveaux, l’un consacré à l’art colonial et républicain (du 16ème siècle à 1951) et l’autre dédié à l’art de la révolution à nos jours. Très intéressant et avec beaucoup d’œuvres à voir, il faudra compter au moins une bonne heure pour faire le tour sans trop trainer. Aussi à côté, le Museo Nacional de Bellas Artes (arte universal) exposent quant à lui des œuvres plus internationales aussi bien antiques que modernes. On se balade entre peintures flamandes, espagnoles, françaises, ou encore des céramiques grecques, un sarcophage égyptien, … Avec une telle diversité, la quantité d’objets reste pertinente et on passe aussi beaucoup de temps à faire le tour des six niveaux du musée.

Là aussi juste à côté, c’est l’occasion de voir le Capitolio Nacional, gigantesque édifice néoclassique, considéré comme l’emblème de l’architecture nationale et inspiré par le Panthéon de Paris et Saint-Pierre de Rome. Mais aussi le Gran Teatro Alicia Alonso avec une superbe façade de style néobaroque et qui accueille de façon permanente le ballet national de Cuba.

Tout au nord du centre-ville, au bord de mer, le Malecón est une longue promenade de 8 km particulièrement apprécié des cubains qui s’y retrouvent pour se balader et flâner en amoureux. Le lieu est surprenant, attirant, joli, désolant et moche en même temps… Disons que la promenade est agréable pour se balader avec une jolie vue sur la mer et les quelques pêcheurs tentant leur chance, mais la grande voie de circulation qui la borde enlève du charme à cet endroit. Préférez probablement d’y faire un tour en fin de journée pour admirer le coucher du soleil.

Le Malecón

— Vedado

Rues et avenues se coupant à angles droits, c’est le quartier plus résidentiel et commercial de La Havane avec un style faisant penser à une ville américaine des années 50. Les logements sont plus aérés et il est plus facile de trouver un hébergement tranquille en dehors de l’agitation populaire et touristique que sont la vieille ville et le centre-ville. Si vous préférez un endroit calme, c’est ici que vous devez loger si vous avez de quoi vous déplacer (sinon un taxi fait l’affaire) car il y a moins de choses à faire et à voir à proximité.

Le Necrópolis Cristóbal Colón est le plus grand cimetière de Cuba et l’on y trouve une multitude de sépulture qui sont des œuvres d’art à elles toutes seules. L’entrée est payante et la visite est libre.

Tout près du Malecón, l’Hotel Nacional de Cuba est une légende de la ville. Construit en 1930, il est un des hôtel ayant vu le plus grand nombre de célébrité à La Havane. Avec sa silhouette art-déco typique de l’époque, cet hôtel de luxe abrite une décoration et une élégance poussée mais toujours dans le style de l’époque. Le prix est bien évidemment en accord avec le luxe proposé, il faudra compter environ 200€ par nuit pour une chambre standard pour deux personnes avec parking privé et connexion internet illimitée comprise (il faut récupérer une carte Etecsa dans un bureau de l’hôtel que le personnel à l’accueil pourra vous indiquer). La réservation peut se faire via Booking.com ou sur le site officiel.

Hall principal de l’Hotel Nacional de Cuba

Trinidad, la perle architecturale

Situé dans la région centrale de l’île, Trinidad est probablement une des plus belles villes cubaine. Déclarée monument national dans les années 50 et inscrite au patrimoine de l’humanité de l’Unesco en 1988, elle a su protéger son centre historique pour garder un style d’époque du 19ème siècle.

Et il faut le dire, on dirait que la ville elle-même est un musée à toit ouvert ! Chaque rue et ruelle, chaque maison, chaque bâtiment de son centre-ville donne l’impression de retourner dans le temps. Evidemment, cela reste plutôt restreint au centre-ville et comme la ville n’est pas très grande, on fait le tour assez rapidement. Mais la ville et les alentours offrent aussi d’autres choses à voir et à faire.

Pour commencer, le premier endroit à voir est la Plaza Mayor, point central de la ville en plein cœur du centre-ville. À partir de là, plusieurs musées sont disponibles comme le Museo de Arquitectura Colonial qui permet de comprendre un peu mieux l’architecture locale ; ce n’est pas très grand mais pas vraiment pas cher et ça reste toujours intéressant.

Museo de Arquitectura Colonial

Un peu plus loin, on peut trouver le Museo Nacional de la Lucha contra Bandidos situé dans l’Antiguo Convento de San Fransisco de Asis qui expose plein de photos et d’objets concernant la lutte contre les insurgés entre 1959 et 1965. La collection est assez complète et l’histoire est intéressante, mais c’est aussi la vue sur toute la ville depuis la tour du couvent qui donne un intérêt supplémentaire à cette visite.

À 15 km en nord-est de Trinidad, dans la Valle de los Ingenios inscrite au patrimoine de l’humanité par l’Unesco où se produisait à l’époque une bonne partie du sucre national, se trouve la Torre de Manaca Iznaga. Du haut de ses 44 mètres, que l’on peut escalader avec des escaliers plus ou moins compliqués (tarif 1 CUC), les contre-maîtres pouvaient surveiller les esclaves qui travaillaient à la récolte de la canne à sucre. La vue est impressionnante et vaut l’effort de la montée des 7 étages.

Torre de Manaca Iznaga

Si vous voulez vous reposer un peu, la Playa Ancón sur la Península de Ancón, à 10 km au sud de Trinidad, est une belle plage de sable où des parasols fixes sont louables pour pas grand chose (si vous venez en voiture, il vous sera demandé une participation pour se garer sur la parking à proximité).

Playa Ancón

Quelques conseils supplémentaires :

  • Si vous venez à Trinidad en voiture depuis la route côtière venant de Cienfuegos, au début du printemps, vous pourriez tomber sur la migration de crabes rouges. Des milliers et des milliers de crabes terrestre migrent vers la mer pour pondre. C’est un spectacle impressionnant, mais tout de même dangereux pour les voitures. Les routes sont envahies de crabes qui peuvent positionner leurs pinces en avant et crever les pneus. Faites attention et rouler au pas en jonglant du volant pour en éviter au maximum.
  • L’hébergement à Trinidad est principalement offert par les maisons d’hôtes. Nous avions fait le choix de l’Hostal Gattorno situé à quelques pas du centre-ville et qui propose deux chambres confortables et la possibilité de préparer de très bons petit-déjeuners et repas faits-maison (à la demande).
  • Pour boire quelques verres et peut-être manger un peu de langoustes en profitant du wifi (non compris), le bar Cuba Libre sur la Calle Armagura est agréable et vous pourrez peut-être profiter d’un groupe de musique sur place.

Cayo Santa Maria, une île paradisiaque

Les cayos sont des îles sur la face nord de Cuba possédant probablement les plus belles plages. Exclusivement réservées aux touristes, ces îles abritent aussi les plus luxueux (et probablement les plus chers) hôtels. De mon côté, j’ai choisi de passer quelques jours dans le cayo Santa Maria qui se trouve à l’opposé de l’autre côté de l’île par rapport à Trinidad.

D’ailleurs pour y aller en voiture depuis Trinidad, vous avez la possibilité de contourner ou de traverser le Parque Natural Topes de Collantes, 110 km² de montagnes avec une faune et une flore exceptionnelle. La route est sûrement plus courte en traversant le parc mais elle est aussi bien plus compliquée surtout quand il n’y a plus de route pour se transformer en chemin de terre et de gravier ou qu’elle devient tellement défoncée qu’il faut rouler au pas pour tenter d’éviter les multiples trous. Quoi qu’il arrive, il reste fortement déconseillé d’emprunter cette route par mauvais temps pour éviter de se retrouver coincé.

Le long de la route dans le Parque Natural Topes de Collantes

Sur le chemin, un peu avant d’atteindre le cayo, vous pouvez d’ailleurs vous arrêter au Museo de la Agroindustria Azucarera près de Caibarién et découvrir par une visite guidée comment s’utilise la canne à sucre pour produire du sucre. C’est aussi l’occasion de goûter un pur jus de canne à sucre frais extrait de la canne devant vous. Excellent !

Afin de rejoindre le cayo, il faut emprunter une route d’environ 50 km avec 48 ponts qui a été construite en 2000 et qui permet de rejoindre les hôtels du cayo depuis l’île principale moyennant un tarif de quelques CUC pour passer le péage et un contrôle d’identité pour vérifier que l’on est bien des touristes.

Sur place, plusieurs hôtels se partagent les différentes plages du cayo ; nous avions fait notre choix sur le Melia Buenavista. Cet hôtel de luxe, situé sur la pointe ouest du cayo, est exclusivement réservé aux adultes (interdit aux jeunes enfants pour un plus grand calme) et propose uniquement des formules all-inclusive où tout est compris : hébergement, repas du matin, midi et soir dans différents restaurants, alcools locaux et internationaux au bar de l’hôtel, parking, wifi illimité… Evidemment, le prix s’en ressent puisqu’il faut débourser au moins 200€ par nuit pour une chambre double standard.

Coucher de soleil sur la plage

Mais à ce prix, vous pourrez passer quelques jours au paradis ! L’hôtel possède deux plages, l’une pour se reposer et avoir une belle vue sur le coucher du soleil, l’autre avec du sable fin pour la baignade où vous pourrez nager au milieu d’une multitude de poissons de toutes les couleurs. C’est un aquarium géant ! Il n’y a pas grand chose à faire dans les environs et vous aurez probablement aucunement besoin de vous déplacer autrement qu’à pieds ; le but ici est de profiter de l’endroit, se reposer, lézarder sur la plage et profiter du service haut de gamme.

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